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Environ la moitié du bois récolté au Canada chaque année provient de la forêt boréale; celle-ci contribue donc de manière importante aux 400 millions de dollars et plus de revenus annuels du gouvernement provenant du secteur forestier.

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Communiqués

2009

Des scientifiques appellent les chefs d'État à protéger les vastes stocks de carbone boréal

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Monsieur le premier ministre Batbold, madame la présidente Halonen, monsieur le premier ministre Harper, monsieur le président Hu Jintao, monsieur le président Medvedev, monsieur le président Obama, monsieur le premier ministre Stoltenberg et monsieur le premier ministre Reinfeldt,


En tant que chefs des États à qui revient l'intendance du biome de la forêt boréale, qui regroupe plus de la moitié des réserves terrestres de carbone ainsi que la moitié des forêts intactes à l'échelle mondiale, il vous incombe une responsabilité exceptionnelle quant aux citoyens de la planète. Lors des prochaines négociations sur le climat à Copenhague, vous aurez également une occasion exceptionnelle de démontrer votre prééminence en prenant parti pour les mécanismes qui protègent plus adéquatement ces réserves de carbone.


Globalement, les forêts boréales sont des réservoirs de carbone de première importance et dont on a largement fait abstraction dans les débats d'orientation à ce jour. Précisément, les forêts boréales contiennent plus de carbone par acre que tout autre écosystème terrestre, et de 2 à 3 fois plus que dans les régions tropicales. La région boréale abrite certaines des dernières forêts intactes sur terre, des populations abondantes de mammifères et d'oiseaux ainsi que des centaines de communautés indigènes. Lorsque les sols et les tourbières sont perturbés par le développement, d'énormes quantités de carbone sont relâchées dans l'atmosphère. Devant ces faits, les responsables des orientations politiques ainsi que le grand public doivent impérativement se concerter pour s'assurer que les forêts boréales et leurs vastes entrepôts de carbone demeurent intacts. Pour y arriver, il importe de réduire les émissions industrielles de façon draconienne et, de manière plus importante encore, d'augmenter considérablement les aires protégées à haute valeur en carbone et les soustraire au développement industriel.


Les émissions industrielles de gaz à effet de serre mènent tous les habitants de la terre vers un avenir incertain. Les solutions pour ralentir les impacts négatifs de ces changements aussi vastes qu'accélérés sont toujours disponibles dans la mesure où nous agissons stratégiquement et rapidement à l'échelle mondiale. Au premier rang on trouve, bien sûr, une réduction sévère des émissions industrielles de carbone provenant de la combustion des carburants fossiles. Sans coupures réelles et substantielles dans les quantités de carbone que nous relâchons dans l'atmosphère, les fondations écologiques dont dépendent les humains et toute vie sur terre, se détérioreront et changeront plus que n'ont été capable de prédire ou d'imaginer les scientifiques ou le public. Les régions nordiques de la planète, particulièrement au sein de vos huit pays, en ressentent déjà  les impacts sévères et continueront à être parmi les plus durement touchées sur terre.


La réduction des pertes en carbone provenant de l'utilisation industrielle des sols doit faire partie des solutions. En particulier, il faut ralentir la conversion accélérée des habitats naturels vers l'agriculture, la foresterie, les mines, l'extraction de pétrole et de gaz, l'hydroélectricité ainsi que les autres usages industriels. Globalement, les changements d'affectation des sols sont responsables de près de 20 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre. En lien avec ces émissions, on a assisté à une récente poussée de création de mesures incitatives financières et de mesures d'intervention qui encourageront les pays tropicaux émergents à ralentir la déforestation et à maintenir les forêts naturelles par des stratégies de paiement de services environnementaux et par des efforts de protection accrus. Cette initiative est au centre des efforts pour réduire les impacts des changements climatiques et pour protéger l'incroyable diversité des espèces et des cultures indigènes de ces régions tropicales et nous vous invitons à collaborer afin de vous assurer qu'elle se poursuive. Nous vous demandons également avec insistance d'élargir cette approche en incluant les forêts boréales de la planète, riches en carbone, en tant que point central des prochaines mesures d'intervention de protection du carbone.


Les mécanismes d'intervention qui se négocient en ce moment devraient reconnaître formellement l'importance de maintenir intactes les réserves de carbone dans toutes les régions de la forêt boréale ainsi que les autres écosystèmes terrestres et fournir des mesures incitatives pour la protection et la conservation de vastes écosystèmes intacts riches en carbone. Toutes les émissions, même celles issues de l'exploitation des sols, devraient être comptabilisées dans les budgets de carbone nationaux et les revenus obtenus par les processus de réglementation tels les taxes ou le système de plafond et d'échange devraient être utilisés pour réduire les émissions totales et maintenir intacts les écosystèmes qui seront les prochaines stations refuges pour la biodiversité mondiale.


Docteur Pascal Badiou, Canards illimités Canada

Docteur Jing Chen, University of Toronto

Docteur John Jacobs, Memorial University of Newfoundland

Docteur Jeremy Kerr, Université d'Ottawa

Docteure Olga Krankina, Oregon State University

Docteure Micheline Manseau, University of Manitoba

Docteur Gordon Orions, University of Washington

Docteur Stuart Pimm, Duke University

Docteur Peter Raven, Washington University, St. Louis

Docteure Terry Root, Stanford University

Docteur Nigel Roulet, McGill School of Environment

Docteur James Schaefer, Trent University

Docteur David Schindler, University of Alberta

Docteur Nils Stenseth, University of Oslo, Norvège

Docteur Jim Strittholt, Conservation Biology Institute

Docteur Lars Tranvik, Uppsala University, Suède

Docteure Nancy Turner, University of Victoria

Docteur Raimo Virkkala, Finnish Environment Institute

Docteur Andrew Weaver, University of Victoria