Centre des mdiasCommuniqus2003Le Canada pourra-t-il sauver une des dernires grandes forts sauvages de la plante?Un commentaire de l'honorable Nick Taylor Le 30 juin, 2003 L'honorable Nick Taylor (snateur la retraite) prsidait le Sous-comit de la fort borale du Comit snatorial de l'agriculture et des forts en 1999, au moment du dpt de Ralits concurrentes : la fort borale en danger. Les frontires du Canada circonscrivent l'une des dernires grandes forts sauvages de la plante. Les forts, les zones humides et les plaines de notre rgion borale s'tendent sur plus d'un milliard d'acres, et cette rgion tient compte du quart des terrains forestiers encore intacts du globe. Nous, Canadiens, sommes appels faire un choix, et nous devrons le faire bientt. Voulons-nous conserver ces vastes forts et zones humides d'une prcieuse valeur cologique ou sommes-nous prts les perdre tout jamais en leur rservant le mme sort que d'autres grandes forts sauvages dj disparues? Cette semaine, l'Initiative borale canadienne, un nouvel organisme de conservation, a publi un rapport d'tape - la fois bref mais perturbant - pour marquer le quatrime anniversaire du dpt du rapport. En juin 1999, sous ma prsidence et ma vice-prsidence du Sous-comit snatorial de la fort borale, nous avons publi un rapport exhaustif intitul Ralits concurrentes : la fort borale en danger. Aprs deux annes de recherche et des visites en personne aux socits forestires et aux communauts se trouvant dans la rgion borale du Canada - ainsi qu'en Sude et en Finlande o les forts vierges ne se trouvent gnralement plus que dans les livres d'histoire -, notre sous-comit est arriv la conclusion que nous devions rapidement saisir la conjoncture favorable la conservation de l'ensemble des richesses de la fort borale canadienne. Nous avons conclu que la fort borale tait assige. En plus du changement climatique, les principales menaces auxquelles elle est confronte sont la surexploitation au moyen de techniques de rcolte du bois trs mcanises de mme que l'exploration et l'extraction des minerais et du ptrole. Nous avons formul une srie de 35 recommandations qui, notre avis, permettraient au Canada de devenir un vritable dfendeur de cette vaste et prcieuse ressource naturelle. Nous visions ainsi assurer la survie tout jamais de la fort borale l'intrieur des frontires canadiennes pour le bnfice de ses habitants, car elle reprsente une source de richesse, un grand terrain de jeu et un patrimoine naturel. Un projet ambitieux? Certes. Inatteignable? Pas notre avis, et nous avons encore raison d'esprer. Le rapport de l'Initiative borale canadienne dpeint l'inaction relative des gouvernements depuis 1999, mais il n'est pas encore trop tard pour bien faire. Quelque 30 pour cent de la rgion borale canadienne se trouve maintenant moins d'un kilomtre d'un accs routier. Ainsi, la vaste majorit demeure un havre pour la faune et ses espces telles que le caribou des bois, les ours, les loups, le martre d'Amrique et des milliards d'oiseaux migrateurs qui font leur nid dans la fort borale chaque t. Par contre, des dcisions seront prises dans un proche avenir, lesquelles risquent d'ouvrir la voie des activits industrielles sur de vastes parcelles forestires. En effet, les dcisions qui seront prises au cours des trois cinq prochaines annes risquent de modifier la fort borale tout jamais. Contrairement aux forts des tats-Unis et de la plupart des autres pays du monde, les forts canadiennes sont de proprit publique. Moins de 10 pour cent de la rgion borale appartient des intrts privs. Les gouvernements provinciaux, territoriaux et fdral ont donc un rle important jouer dans la planification de l'utilisation de ces terres. C'est un legs public en matire de biodiversit qui fait l'envie de bon nombre de pays. Notre principale recommandation formule en 1999 incitait les gouvernements, de concert avec d'autres intresss de premier plan dont les socits forestires, les Premires nations et des groupes de citoyens, s'empresser d'laborer un rgime forestier fond sur les paysages - un rgime en vertu duquel au moins 20 pour cent du territoire de la fort borale serait rigoureusement protg contre l'activit industrielle et la majorit des 80 pour cent restants serait gre dans l'objectif principal d'en conserver la biodiversit. Seulement 20 pour cent serait amnag intensivement pour la production de bois, au moyen de technologies de pointe rendement lev. Selon l'Initiative borale canadienne, les gouvernements ont publi des rapports mais tardent toujours s'engager de faon prcise pour atteindre cet objectif. Annuellement, prs d'un million d'acres de fort borale - principalement de vieux peuplements - sont exploits pour en rcolter le bois. Les arbres de la fort borale - principalement des pins gris et tordus, des pinettes, des mlzes laricins, des peupliers, des trembles et des bouleaux - poussent des latitudes plus nordiques et se rgnrent donc moins rapidement que ceux des forts plus au sud. Les routes d'accs, amnages non seulement pour l'exploitation de la fort mais aussi de plus en plus pour l'exploration ptrolire et gazire, ont pour effet de fragmenter de vastes parcelles jadis sauvages de fort borale, surtout dans des provinces telles que l'Alberta. En consquence, l'tre humain bnficie d'un accs de plus en plus facile la rgion borale, ce qui augmente les risques la faune, notamment aux grandes espces telles que le caribou, les ours et les loups qui ont besoin de grands territoires o elles peuvent se dplacer en toute scurit. Les peuples autochtones sont les principaux habitants de la rgion forestire borale. Ils sont rpartis dans plus de 600 communauts et reprsentent la majorit des 1,4 million d'habitants de la rgion borale. En 1999, nous recommandions aux gouvernements d'agir plus rapidement que dans le pass pour rgler les revendications territoriales en cours et de prendre davantage de mesures pour assurer le respect des utilisations traditionnelles des forts au moment de l'octroi de droits de coupe aux socits forestires. Il est dcourageant d'apprendre de l'Initiative borale canadienne que les Autochtones continuent d'tre en bonne partie exclus des activits de planification et de gestion des forts d'un bout l'autre du pays. C'est une situation qui doit changer. Il y a quatre ans, nous tions convaincus de devoir agir rapidement pour saisir l'occasion de conserver la fort borale canadienne. Aujourd'hui, cette possibilit nous est toujours offerte, mais elle ne le sera pas encore pour longtemps. Conserver ce vaste et riche cosystme forestier est un des plus importants dfis de conservation que notre pays est aujourd'hui appel relever. C'est maintenant que les gouvernements doivent se mettre au travail avec les socits forestires, les Premires nations et les groupes de conservation. -30- |





