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2008

Un nouvel outil de conservation à l'intention du secteur des sables bitumineux de l'Alberta est à l'étude

Les chefs de l'industrie, les communautés autochtones et les groupes environnementaux s'accordent pour dire que les crédits de compensation pour perte de biodiversité sont essentiels à la gestion des impacts environnementaux dans la Forêt Boréale de l'Alberta

le 10 juin 2008 - Edmonton

Dans un effort visant à prévenir les phénomènes irréversibles que sont la diminution du nombre d’espèces et l’amoindrissement de biodiversité dans la Forêt Boréale en Alberta, les intervenants de l’industrie peuvent compenser leurs impacts environnementaux en adoptant des mesures décisives pour préserver ou rétablir des zones de valeur égale ou supérieure aux territoires perturbés. Telles sont les conclusions tirées du rapport publié aujourd’hui, Regagner le terrain perdu : la conservation de la forêt boréale en Alberta et les crédits de compensation pour perte de biodiversité.

Ce rapport, commandé par l’Initiative boréale canadienne (IBC) et rédigé par le Pembina Institute et le Alberta Research Council, relate différentes expériences d’application des politiques de compensation dans plusieurs domaines de compétences tout en tenant compte du point de vue de l’industrie, des Premières nations, du gouvernement, des universitaires et des groupes environnementaux de l’Alberta. Il en conclut que les crédits de compensation doivent être considérés comme une mesure d’atténuation des répercussions grandissantes sur la biodiversité découlant de l’exploitation des ressources dans la forêt boréale, notamment dans la région des sables bitumineux de l’Alberta.

Les crédits de compensation pour perte de biodiversité, également appelés crédits de conservation, permettent aux entreprises œuvrant dans l’industrie des ressources de compenser pour les impacts inévitables que leurs projets d’exploitation ont sur la biodiversité, en préservant des territoires de valeur biologique égale ou supérieure, l’objectif étant de ne provoquer aucune perte nette au chapitre de la biodiversité.

Les principales conclusions de cette étude sont les suivantes :

  • les crédits de compensation pourraient produire des résultats tangibles en matière de conservation afin d’atténuer les impacts liés à l’exploitation;
  • une stratégie de compensation doit être fondée sur une planification efficace de l’utilisation du territoire afin d’établir des objectifs de conservation ainsi que des cibles et des limites liées aux effets cumulatifs, et doit être intégrée à un éventail d’autres politiques et mesures visant à faciliter l’atteinte des buts fixés en matière de préservation;
  • des représentants de l’industrie pétrolière et gazière ont indiqué que leurs sociétés étaient déjà en train d’utiliser des crédits de compensation ou de songer à investir dans ceux-ci;
  • plusieurs enjeux clés doivent être pris en compte lors de la création d’un programme de compensation : définir les objectifs du programme en matière de compensation, déterminer la disponibilité future et le coût des crédits et cerner les options concernant la répartition des risques liés au passif environnemental créé par les crédits. Ces enjeux doivent être explorés dans le cadre d’une étude pilote soigneusement conçue.

« L’expérience en matière de conservation des terres privées en Alberta et aux quatre coins du monde démontre que les crédits de compensation peuvent représenter une méthode rentable et efficace permettant de protéger les résultats de la compensation, explique Larry Innes, directeur général de l’IBC. Notre rapport suggère qu’il y a une possibilité importante d’envisager les crédits de compensation sur les terres publiques. »

« Gérer l’exploitation pour préserver la biodiversité est un enjeu de taille dans la Forêt Boréale de l’Alberta, en raison des effets combinés et croissants de l’exploitation du secteur de l’énergie et des forêts, a indiqué Simon Dyer, directeur du programme des sables bitumineux du Pembina Institute et principal auteur du rapport. De plus, il est essentiel que les mesures de conservation évoluent au même rythme que l’exploitation. Dans la Forêt Boréale de l’Alberta, la proportion du territoire où il est maintenant permis d’exploiter les ressources a doublé pour atteindre 2,8 millions d’hectares au cours des cinq dernières années. À moins que les mesures de conservation ne s’appliquent sous peu à des territoires clés réservées à cet effet, ce sont la faune et l’utilisation traditionnelle de ces forêts qui en subiront les véritables contrecoups. Préserver les forêts dans le but de compenser les répercussions associées aux projets d’exploitation est un outil que l’industrie peut utiliser à bon escient. »

Nexen inc., une société d’énergie établie au Canada qui recherche activement des façons de réduire l’empreinte industrielle de ses activités d’exploitation des sables bitumineux, est en faveur du rapport Regagner le terrain perdu.

« Il existe à présent de réelles occasions de piloter des projets de crédits de compensation en Alberta, a déclaré Garry Mann, directeur général, Santé, sécurité et environnement à Nexen. L’industrie est prête à investir dans les crédits et nous avons besoin que le gouvernement fasse la promotion de telles initiatives en établissant des politiques et des règlements clairs concernant l’utilisation du territoire, qui permettront à cet outil d’être largement utilisé. »

Nexen, Pembina et l’IBC font partie d’un groupe de travail qui ont mis de l’avant deux projets pilotes de crédits de compensation dans le nord-est de l’Alberta visant à protéger de vastes étendues de la Forêt Boréale de la province des effets des activités industrielles, afin de compenser certaines des répercussions biologiques causées par l’exploitation dans cette région. Les autres membres de ce groupe de travail comprennent Suncor Energy, Alberta-Pacific Forest Industries inc., les Nations des Cris de Little Red River et de Tall Cree et la Nature Conservancy of Canada Alberta Region.

Il va sans dire que les efforts du groupe tombent à point. En mai, le gouvernement de l’Alberta a annoncé l’ébauche d’un cadre de l’utilisation des territoires qui définit les crédits de compensation comme une « stratégie clé » encourageant la gestion avisée et la conservation.

« Cette ébauche reconnaît que les crédits de compensation sont un outil précieux, mais met l’accent sur la saine gestion des terres privées, a indiqué M. Innes. Nous espérons que le gouvernement de l’Alberta prendra les mesures nécessaires pour faire des crédits de compensation un outil viable menant à une gestion similaire des terres publiques. »

Le rapport intégral est accessible au http://www.borealcanada.ca (disponible en anglais uniquement, PDF-3mb).

À propos de l’Initiative boréale canadienne
L’Initiative boréale canadienne collabore avec les Premières nations, les gouvernements, des organismes voués à la conservation, des chefs de l’industrie et d’autres parties intéressées à établir des liens entre les solutions scientifiques, politiques et de conservation envisageables pour l’ensemble de la forêt boréale du Canada. L’IBC s’efforce de promouvoir le cadre de conservation de la forêt boréale à titre de conception équilibrée de la conservation et du développement durable.

À propos du Pembina Institute
Le Pembina Institute crée des solutions d’énergie durable par l’entremise de recherches, de formation, de consultation et d’activités de promotion d’intérêts. Il favorise la durabilité environnementale, sociale et économique en proposant des solutions pratiques pour les entreprises, les gouvernements, les personnes et les communautés. L’Institut est un chef de file en matière de recherche sur les mesures concernant les changements climatiques, les politiques énergétiques, l’économie verte, l’énergie renouvelable et le contrôle environnemental, et offre aussi des programmes éducatifs. Vous trouverez de plus amples renseignements sur le Pembina Institute en consultant le site www.pembina.org ou en écrivant à info@pembina.org.

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Sources


Larry Innes, directeur exécutif, Initiative boréale canadienne


Simon Dyer, directeur du programme des sables bitumineux, Pembina Institute et principal auteur du rapport


Marian Weber, chercheuse, Alberta Research Council et co-auteure du rapport


Garry Mann, directeur général, Santé, sécurité et environnement, Nexen inc.


Shawn Wasel, directeur, sciences environnementales, Alberta-Pacific Forest Industries inc.


Jim Webb, conseiller principal, Nations des Cris de Little Red River et de Tall Cree

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Marie-Hélène Bachand, Initiative boréale canadienne/Edelman, 514.844.6665, poste 240