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2008

Les impacts nationaux d'une loi minière caduque sont dévoilés pour la première fois au moyen de cartes géographiques

Selon le rapport, la prospection minière libre va à l'encontre des Premières nations, de la conservation et de la faune

le 14 mai 2008 - Ottawa

Un rapport et une série de cartes rendus publics aujourd’hui dressent pour la première fois un portrait de l’étendue du jalonnement de concessions minières qui, en vertu d’un système de prospection libre caduc, va à l’encontre des droits des Autochtones, des propriétaires privés, de la conservation, de la faune et d’autres valeurs écologiques de la Forêt Boréale du Canada. Le rapport revendique une modernisation de la loi sur les mines.

D’un bout à l’autre de la Forêt Boréale canadienne, plus d’un demi-million de kilomètres carrés de concessions minières ont été jalonnés selon un système de tenure libre créé il y a 150 ans, à l’époque de la ruée vers l’or du Klondike. En vertu du système de prospection libre, il est possible d’acquérir automatiquement des droits miniers sans prendre en considération d’autres priorités d’aménagement du territoire et en l’absence du consentement éclairé et préalable des peuples autochtones concernés. Au Canada, le jalonnement de claims miniers s’étend sur 10 % de la Forêt Boréale .

« Nous vivons au 21e siècle, mais notre loi sur les mines remonte à l’ère coloniale. Une refonte s’impose, fait valoir Larry Innes de l’Initiative boréale canadienne. Les objectifs sociaux et environnementaux, tels que le règlement des revendications territoriales des Autochtones et l’obligation de planifier la conservation en amont de tout développement, devraient avoir préséance, mais, conformément au système actuel, ce sont les droits miniers qui sont prioritaires. »

Les cartes rendues publiques aujourd’hui mettent en lumière le risque de conflits menaçant de vastes régions du Canada, et notamment les situations suivantes : des régions où l’exploration minière chevauche des territoires revendiqués par les Autochtones, des claims miniers qui empiètent sur des aires protégées proposées, ou bien encore des régions où des activités exploratoires intensives menacent l’habitat du caribou des bois. Le rapport présente des études de cas sis en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec visant à illustrer les conflits qui s’intensifient en raison d’un boom des investissements en exploration minérale et de l’archaïsme du système de prospection minière libre.

Ce rapport est publié alors que sept chefs de Premières nations de l’Ontario purgent  des peines d’emprisonnement prolongées pour avoir pacifiquement manifesté contre des activités d’exploration minière non désirées sur leurs terres ancestrales, preuve flagrante de l’étendue des conflits.

« Les pays en développement affichent généralement un dossier peu reluisant en matière de protection des droits autochtones contre les pressions exercées par des intérêts miniers. La planète s’attend à ce qu’un pays comme le Canada fasse preuve d’un leadership éclairé, non à ce qu’il emprisonne des chefs de Premières nations », a déclaré Steve Kallick de la Campagne internationale de conservation de la forêt boréale (International Boreal Conservation Campaign).

Un rapport rendu public récemment par le très conservateur Institut Fraser fait aussi valoir que les conflits territoriaux impliquant la prospection des minéraux, les droits autochtones et les enjeux environnementaux constituent un sérieux obstacle aux investissements miniers.

« Selon notre analyse, des réformes sont nécessaires et peuvent être facilement mises en place, conclut Larry Innes. Adopter un système moderne qui rend possible une planification cohérente, tient compte des droits des Autochtones et prend en considération d’autres valeurs avant toute prise de décisions s’impose sur les plans environnemental, social et économique. De telles réformes auront pour effets de promouvoir un climat d’investissement favorable, de garantir la protection d’habitats critiques et de favoriser la possibilité, pour les collectivités autochtones et nordiques, de bénéficier d’activités d’exploration et d’exploitation responsables. »

Le rapport revendique une réforme en profondeur de la législation et de l’industrie en vue de résoudre les conflits actuels et d’en prévenir de futurs. Il faudrait notamment remplacer le système de prospection libre par un système d’émission de permis de prospection et d’exploration, rendre obligatoire la conformité des activités exploratoires et minières aux plans d’aménagement du territoire, obliger l’industrie à obtenir le consentement éclairé préalable des Premières nations concernées et rehausser les normes environnementales régissant les activités d’exploration.

La Campagne internationale de conservation de la forêt boréale (International Boreal Conservation Campaign) est vouée à l'éducation et à la représentation du public, au nom de la protection des forêts boréales du monde, avec une emphase particulière sur la Forêt Boréale canadienne. Nous travaillons de près avec les organisations environnementales canadiennes et internationales, les entreprises, ainsi que les Premières nations afin de trouver un terrain d'entente dans le cadre la Convention pour la conservation de la forêt boréale du Canada (Canadian Boreal Forest Conservation Framework), un plan visionnaire qui vise à protéger et maintenir de façon durable cet écosystème important à l'échelle internationale.  Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez www.interboreal.org.

 

L’Initiative boréale canadienne (IBC) travaille avec des Premières nations, des gouvernements, des organisms voués à la conservation, des chefs de file de l’industrie et d’autres parties intéressées à établir des liens entre les solutions scientifiques, politiques et de conservation qui sont dégagées pour l’ensemble de la Forêt Boréale du Canada.  Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez www.borealcanada.ca.

 

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Pour de plus amples renseignements (anglais seulement):

Marie-Hélène Bachand, Edelman Relations publiques, 514.844.6665 poste 240

 

Steve Kallick, directeur général, International Boreal Conservation Campaign, 206.327.1184