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Seulement 10 % de la forêt borèale du Canada sont actuellement protègès par les gouvernements; et seulement 6 % sont protègès de manière permanente.

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2010

Selon un nouveau rapport, la conservation de la forêt boréale passe entre autres par les connaissances autochtones traditionnelles
Une initiative des Nations Unies reconnaît l'importance de la forêt boréale pour la planète

OTTAWA, le 1er février 2010 — Les connaissances traditionnelles de la forêt boréale qu'ont développées les populations autochtones du Canada constituent pour les scientifiques occidentaux une source d'information très importante, selon un rapport rendu public par la Fondation David Suzuki, l'Initiative boréale canadienne (IBC) et la Boreal Songbird Initiative. Étant donné que la forêt boréale est de plus en plus menacée par les changements climatiques, la perte et la fragmentation d'habitats ainsi que les espèces envahissantes, ces connaissances s'avèrent plus importantes que jamais.

Le rapport, intitulé Conservation Value of the North American Boreal Forest from an Ethnobotanical Perspective, décrit les vastes connaissances botaniques et écologiques que les peuples autochtones du Canada ont développées au fil des millénaires et de leur utilisation de la forêt boréale comme épicerie, pharmacie, école et centre spirituel. Il explique que la valeur de la forêt boréale du Canada — uniquement pour la subsistance (espèces animales et végétales) des autochtones — pourrait atteindre 575,1 millions de dollars. Plusieurs autres valeurs de la forêt boréale restent à être quantifiées.

« Les connaissances profondément enracinées des collectivités autochtones demeurent un élément essentiel, mais souvent négligé de la planification de la conservation, affirme Larry Innes, directeur général de l'IBC. Ce rapport contribue à mieux sensibiliser les Canadiens à la richesse et à la diversité de l'utilisation des plantes et des connaissances des populations autochtones. »

Le rapport illustre que les chercheurs et les décideurs font souvent fi des enjeux écologiques tant qu'ils ne sont pas frappés de plein fouet par une crise. Par exemple, bien que peu d'espèces végétales dans la région boréale soient considérées comme menacées ou en voie de disparition au sens de la Loi sur les espèces en péril, au niveau fédéral, ou selon les lois provinciales et territoriales, nombre d'espèces croulent sous d'intenses pressions d'origine humaine, comme la perte d'habitats et les changements climatiques.

Le réputé chercheur et environnementaliste canadien, David Suzuki, affirme que : « Les activités de récolte, de transformation et de vente de plantes sauvages comme les bleuets de la forêt boréale s'inscrivent dans une source de subsistance et de profit pour plusieurs collectivités nordiques du Canada. Entreprendre des activités industrielles sans la participation ou le consentement préalables des populations autochtones peut nuire à d'importantes espèces qui assurent la santé et le mieux-être des collectivités. »

Nancy Turner, professeure en science de l'environnement à l'Université de Victoria en Colombie-Britannique, est du même avis : « Ce rapport nous met en garde contre les dangers de ne pas tenir compte des interdépendances étroites qui existent entre les peuples autochtones et leurs territoires. Les scientifiques doivent donc reconnaître le rôle essentiel que jouent les autochtones comme gardiens des connaissances traditionnelles sur l'écologie. »

Ce rapport fait suite à une récente étude menée par le Secrétariat des Nations Unies de la Convention sur la diversité biologique (CBD), qui conclut que la biodiversité de la forêt joue un rôle de premier plan dans la préservation de la santé de la planète tout entière.

« Si les changements climatiques posent problème, la biodiversité représente une partie de la solution », affirme Ahmed Djoghlaf, secrétaire général des Nations Unies pour la Convention sur la diversité biologique. « La forêt boréale du Canada joue un rôle crucial. Les populations autochtones savent depuis longtemps que la capacité des forêts de résister aux pressions d'origine humaine dépend du maintien et du rétablissement de leur biodiversité. Aujourd'hui, plus que jamais, la biodiversité représente une police d'assurance essentielle qui protège contre les impacts des changements climatiques et protège la biodiversité au bénéfice des générations actuelles et futures. Le rapport déposé aujourd'hui est une importante contribution célébrant l'Année internationale de la biodiversité en 2010. »

Le nouveau rapport suggère aussi que les autochtones ont cartographié une plus grande superficie de la forêt boréale que l'on croyait. Des données scientifiques ont été codifiées dans les langues autochtones et transmises de génération en génération dans divers récits et des toponymes. Par exemple, les Gwich'in ont identifié l'« île de la groseille noire » dans la région de la rivière Husky ainsi qu'une colline qui longe la rivière Arctic Red et dont le nom signifie « églantiers mûris par le soleil ». Les Dogrib nomment le lac Mesa dans les Territoires du Nord-Ouest « Gots'ôkatଠ», qui se traduit par « lac à la chicouté ».

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Texte intégral du rapport : (SVP notez que la version française sera disponible le 15 février)

version anglaise : http://www.borealbirds.org/ethnobotany.shtml

Pour de l'information de fond, dont des rouleaux B et des photos, ou des demandes d'entrevue avec des experts :

À propos de la Fondation David Suzuki
La Fondation David Suzuki travaille avec des gouvernements, des entreprises et des particuliers pour préserver notre environnement. Dans cette optique, elle fournit de l'éducation scientifique, travaille sur des politiques et sert de catalyseur de changements sociaux.
http://www.davidsuzuki.org/

À propos de l'Initiative boréale canadienne
L'Initiative boréale canadienne réunit différents partenaires dans le but de créer de nouvelles solutions pour la conservation de la forêt boréale. L'organisme agit à titre de catalyseur en appuyant divers efforts sur le terrain, dans l'ensemble de la région boréale, déployés par les gouvernements, l'industrie, les Premières nations, des organismes de conservation, les grands détaillants, des institutions financières et des scientifiques.
http://www.borealcanada.ca/

À propos de la Boreal Songbird Initiative
La Boreal Songbird Initiative (BSI) est un organisme sans but lucratif voué à la sensibilisation et à l'éducation sur l'importance de la région boréale pour les oiseaux nord-américains, d'autres espèces fauniques et l'environnement de la planète.
http://www.borealbirds.org/

À propos de la Convention sur la diversité biologique
La Convention sur la diversité biologique est un traité international pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité ainsi que pour le partage équitable des profits engendrés par l'exploitation des ressources génétiques. La CBD vise à prévenir toutes les menaces à la biodiversité et aux écoservices, dont les menaces découlant des changements climatiques, par des évaluations scientifiques, le développement d'outils, d'incitatifs et de processus, le transfert de technologies et de bonnes pratiques ainsi que la pleine participation active d'intervenants pertinents — dont les collectivités autochtones et locales, les jeunes, les ONG, les femmes et les milieux d'affaires.
http://www.cbd.int

Pour organiser une entrevue avec Nancy Turner, ou pour de plus amples renseignements :
Suzanne Fraser, directrice des communications
613-552-7277

sfraser <at> borealcanada ca

Pour organiser une entrevue avec David Suzuki, SVP communiquez avec :
Ian Hanington, spécialiste des communications
Fondation David Suzuki
604-732-4228, poste 238
ihanington <at> davidsuzuki org

Faisal Moola, directeur scientifique, Programme de conservation terrestre
Fondation David Suzuki
647-993-5788
fmoola <at> davidsuzuk org