Convention pour la conservation de la forêt boréaleConsulter le document intégral de la Convention La raison d'être de la Convention pour la conservation de la forêt boréaleLa Convention pour la conservation de la forêt boréale, adoptée le 1er décembre 2003 par le Conseil principal de la forêt boréale, établit une vision commune qui prône le maintien perpétuel de l'intégrité écologique et culturelle de la région boréale du Canada. Son objectif est de conserver les valeurs culturelles, naturelles et économiques durables dans l'ensemble de la région boréale du Canada en :
Pourquoi devons-nous conserver la région boréale du Canada? La région boréale du Canada est formée d'un vaste réseau complexe et interconnecté de territoires forestiers, de zones humides, de montagnes, de rivières et de lacs. Elle demeure majoritairement intacte sur le plan écologique, ce qui en fait - avec la forêt tropicale humide de l'Amazonie et la taïga sibérienne - l'une des dernières grandes régions naturelles vierges de la planète. Sa végétation, ses eaux et son sol représentent l'un des plus importants purificateurs d'air et l'une des plus importantes sources d'eau douce de la Terre et cette forêt joue un rôle crucial dans la régulation du climat. Des centaines d'espèces fauniques y vivent, y compris quelques-unes des dernières grandes populations de caribous des bois, d'ours, de loups et de lynx. Un oiseau chanteur sur trois et trois espèces de sauvagine sur quatre en Amérique du Nord dépendent de la forêt boréale du Canada pour leur survie chaque année. Qu'est-ce qui appuie l'approche équilibrée établie dans la Convention pour la conservation de la forêt boréale? La Convention pour la conservation de la forêt boréale met de l'avant une nouvelle vision audacieuse pour promouvoir une approche de conservation de la région boréale tout entière. La protection à long terme de l'intégrité de cette région est cruciale pour assurer la viabilité et le bien-être des collectivités qui en dépendent et les valeurs écologiques qu'elle apporte. La mise en œuvre de cette vision permettra au Canada de se positionner comme un chef de file mondial dans la conservation et la gestion à grande échelle des forêts et des zones humides grâce à une planification coopérative et proactive. Il s'agit d'une occasion en or qui s'offre à notre pays. En 1999, le Sénat canadien déposait un rapport dans lequel il formulait un certain nombre de recommandations et proposait des objectifs à long terme : une protection rigoureuse de 20 % du territoire, des zones de conservation sur 60 % du territoire (où l'objectif premier serait le maintien des valeurs écologiques) et l'autorisation d'activités industrielles intensives sur 20 % du territoire. La Convention simplifie l'esprit de la recommandation sénatoriale en répartissant l'objectif de conservation de 60 % également entre l'objectif de création de zones protégées et l'objectif d'exploitation viable des terres. Cela permet d'assouplir le processus décisionnel concernant les zones protégées tout en reconnaissant la nécessité d'aménager les territoires de façon véritablement viable et d'avoir recours aux meilleures pratiques pour assurer une conservation significative des terres et des eaux de la forêt boréale. De récentes recherches scientifiques menées dans les domaines de la biologie de conservation et de l'écologie des paysages appuient le type de planification de conservation à grande échelle conformément à la Convention. Pour prévenir les répercussions négatives de la fragmentation des habitats sur les populations fauniques, un minimum de 30 % à 50 % des habitats initiaux doivent être conservés. Le maintien de toutes les fonctions écologiques, de tous les services naturels et de toutes les valeurs culturelles mènera probablement à l'obligation de conserver plus de 50 % du territoire. Cela témoigne de la nécessité d'assurer un niveau élevé de protection et une gestion attentive du reste du territoire et des bassins d'eau. De plus, il est particulièrement important de planifier en fonction de très grandes zones de la forêt boréale, une région où les feux et d'autres grandes perturbations naturelles font partie intégrante de l'écosystème. La région boréale du Canada présente déjà des exemples de décisions d'aménagement du territoire à grande échelle dont il est question dans la Convention. Les Innu du Labrador, les Dehcho des Territoires du Nord-Ouest, et la Poplar River First Nation du Manitoba élaborent tous leur propre vision de conservation de leurs territoires et, pour ce faire, ils utilisent leurs connaissances écologiques traditionnelles, les connaissances de leurs aînés et la mise en application de la biologie de la conservation conformément à la Convention. La Convention reconnaît que les décisions touchant la conservation de la forêt boréale sont des choix que la société doit faire pour elle-même. Les connaissances scientifiques et écologiques traditionnelles peuvent et doivent éclairer le débat, mais, au bout du compte, c'est à la société d'établir ses propres objectifs. La Convention fixe un objectif pour conserver la magnifique région boréale du Canada et invite des leaders de même esprit à travailler à l'atteindre. En cours de route, en poursuivant la recherche et la mise en application de connaissances écologiques traditionnelles et d'exercices d'aménagement du territoire appropriés, nous en apprendrons tous beaucoup plus sur l'écologie, les populations et les économies de la forêt boréale ainsi que sur les interrelations entre chacune. Notre vision évoluera en conséquence. Le 1er décembre 2003 |





